Placement efficace des lettres d’un clavier

Clavier azerty

La disposition des claviers azerty est dérivée de la disposition américaine, le qwerty, avec pour principales différences le passage des chiffres en position majuscule, l’ajout de lettres accentuées (é, è, à et ç), l’inversion de A/Q et de Z/W, et le déplacement de M. Les autres pays francophones (Canada, Belgique, Suisse) utilisent des versions différentes plus ou moins proches de l’azerty ou du qwerty.

Clavier qwerty

La principale caractéristique du qwerty — et de ses dérivés — est d’éviter le chevauchement des barres sur les machines à écrire mécaniques, et pas du tout de faciliter la frappe. Cette contrainte mécanique n’existant plus sur nos claviers, nous pouvons réorganiser les touches de façon logique et efficace.

Les défauts du clavier azerty

  • les caractères les plus fréquents ne sont pas les plus facilement accessibles ;
  • à l’inverse, des caractères rares sont très accessibles ; citons pour exemple : « Z », « ; » ou « K » ;
  • les lettres accentuées sont difficilement accessibles car placées sur la rangée des chiffres ;
  • des caractères usuels du français ont été oubliés : œ, « , », les majuscules accentuées, …
  • il y a un gros déséquilibre entre les deux mains (58 % de frappes pour la main gauche alors qu’il y a plus de caractères sous la main droite) ;
  • aucune optimisation propre à la langue française n’a été faite.

L’efficacité de l’azerty est proche de celle d’une répartition aléatoire ! Et le hasard n’a pas bien fait les choses. Ainsi, sans qu’on puisse affirmer que c’est une disposition dangereuse et responsable de pathologies, elle est génératrice d’inconfort, rend la frappe compliquée et ne permet pas d’écrire dans un français correct.

Projet de placement efficace des lettres d’un clavier

Ce projet a été réalisé dans l’unité d’enseignement Introduction à la Recherche Opérationnelle : Modélisation et Optimisation de la 3ème année de licence. Le placement des lettres se fait par un algorithme de recherche itérative par voisinage. Une estimation des fréquences des occurrences de bigrammes, c’est-à-dire des successions de deux lettres, dans la langue française peut être obtenue à partir d’un tableau construit en comptant les occurrences dans un texte français de 100 000 lettres composé de textes de Gustave Flaubert (20 600 lettres), de Jules Verne (19 438) et de trois articles de l’Encyclopedia Universalis, le premier consacré à Bruges (8 182), le deuxième à l’artillerie (25 078) et le dernier à la population (26 702). Détails ici.

Voici les résultats du projet programmé par Umut, pour la méthode Tabou. Le clavier est initialisé en « azerty », le placement des lettres évolue pour devenir optimal.

Umut

Pour des informations complémentaires, on pourra se référer à l’article paru dans Le Monde le 23 avril 2016.